Le succès des paradis fiscaux : à quoi servent ils ?
envoyé par plateformepfj
Le poids des PFJ dans le système financier international
 
 
                Les paradis fiscaux pullulent. Alors que dans les années 1970 le FMI en dénombrait 25, il chiffre leur nombre aujourd’hui à plus de 60 par lesquels transiterait la moitié du commerce mondial et où les actifs domiciliés s’élèveraient à 11.000 milliards de dollars alors que ces territoires ne représentent que 3% du PIB mondial. Selon les estimations les plus basses, en ne prenant pas en compte la fuite des capitaux, le coût de ce fléau pour les pays du Sud s’élèverait entre 50 et 70 milliards de dollars selon les estimations d’OXFAM (dans leur étude de juin 2000 «The hidden billions for development»).
 
Même si ces chiffres sont sujets à caution dans la mesure où le secret bancaire empêche de connaître de manière précise le montant des actifs détenus dans ces territoires, ils montrent que ces territoires sont désormais au coeur du système financier international.
 
On sait d'une manière certaine que plus de 4 000 banques offshore y sont installées, et qu’on y compte plus de 2,4 millions de sociétés-écrans. La part des opérations illégales est impossible à estimer. La majorité des fonds déposés sont en effet légaux, issus d'entreprises telles que des fonds de retraite ou d'investissement, mais «  en recherche d'optimisation fiscale ». Nombre de grandes entreprises multinationales, par ailleurs, ont déplacé leurs sièges sociaux dans cette optique quand l'administration fiscale du pays de résidence est conciliante. Ce n'est pas le cas en France où la très grande majorité des sociétés du CAC 40 a toujours son siège social à Paris.
 
L’Europe elle même ne montre pas l’exemple puisque à l’intérieur même du continent opèrent une douzaine de territoires qui présentent toutes les caractéristiques des paradis fiscaux et judiciaires. La géographie actuelle des centres offshore et des paradis fiscaux est intéressante en ce qu'elle suit assez largement celle des principaux centres économiques. La France utilise Andorre et Monaco, voire la Suisse, les Britanniques les îles Anglo-Normandes et les territoires (ou ex-) de la Couronne répartis à travers le monde, les Italiens, la principauté de Saint-Marin, etc. La majorité des paradis fiscaux sont restés dépendants des anciennes puissances tutélaires. Tout ceci explique l'opposition constamment renouvelée du Royaume-Uni, mais aussi du Luxembourg et des Pays-Bas, à toute tentative de politique européenne de taxation et de contrôle des mouvements de capitaux.
Il y donc une grande variété de situations :
 
La plupart n’ont pas d’autonomie politique réelle et sont, de facto, contrôlés par les principales places financières mondiales et les gouvernements de celles-ci. Ces PFJ dépendent des affaires apportées par les banques internationales, les conseils fiscaux et les experts-comptables établis dans ces places financières.
 
 
D’autres PFJ ont une influence prépondérante et sont autonomes politiquement, même s’ils sont insérés dans le tissu de l’économie mondiale.
 
 
Enfin, des places vont se spécialiser sur certains créneaux à la faveur d'une concentration d'intermédiaires financiers qui pourront aller jusqu'à faire ou défaire les lois de leur PFJ d'adoption :
 
-         Les Bermudes dans l'assurance et la réassurance,
-         Les Bahamas avec ses 4300 banques est leader du e-commerce,
-         Les îles Caïmans qui abritent 80% des fonds d'investissement du monde, gérant plus de 1000 milliards de dollars d'actifs,
-         Les îles Vierges logent 50% des sociétés non résidentes du monde,
-         La Barbade qui défiscalise les exportations américaines,
-         L'Irlande, spécialiste de la défiscalisation des droits de propriété intellectuelle,
-         Les îles anglo-normandes avec leurs 225 banques et leurs 820 fonds d'investissement,
-         La Suisse, premier gestionnaire de fortunes au monde,
-         Le Libéria, champion des pavillons de complaisance,
-         Tuvalu, leader du marché du sexe en ligne.